Guide

Se préparer par responsabilité, pas par peur

Ligne Guide documentaire, sources en fin de page. Mis à jour le 31 octobre 2026.

La préparation que demandent les autorités, et ce qui la distingue d’une préparation dictée par la peur : partir des risques réels, impliquer les autres, s’engager, savoir s’arrêter.

On peut se préparer parce qu’on a peur : une actualité inquiétante, une vidéo qui annonce le pire, un achat fait à la hâte. Ou parce qu’on se sent responsable des siens, de ses voisins, de sa part dans un pays qui tient debout. Les gestes se ressemblent parfois. Le résultat, non. Ce texte explique la ligne de RAISE en s’appuyant sur ce que demandent les autorités françaises et européennes.

Ce que demandent les autorités

Ce que disent les sources

Le guide officiel « Tous responsables face aux risques » pose le principe dès ses premières pages : « Chaque citoyenne et chaque citoyen est acteur de sa sécurité et de celle de la Nation. » Il demande de pouvoir tenir les premières 72 heures d’une crise, souvent les plus difficiles, pour que les secours puissent se concentrer sur les personnes en grande difficulté. Et il précise : « Avoir conscience de la réalité de la situation n’est pas céder à l’alarmisme. »

La loi de modernisation de la sécurité civile de 2004 l’écrivait déjà : « Toute personne concourt par son comportement à la sécurité civile. » Chacun, selon sa situation et ses moyens, prévient les secours et prend les premières dispositions nécessaires.

Au niveau européen, la stratégie de l’Union pour la préparation, présentée le 26 mars 2025, fixe le même objectif : que la population puisse tenir au moins trois jours sans aide extérieure en cas d’urgence.

Se préparer n’est donc ni une lubie ni une posture. C’est ce que l’État demande à chacun, au nom d’une idée simple : quand les secours sont débordés, chaque foyer qui tient seul quelques jours leur laisse du temps pour ceux qui ne peuvent pas.

Deux façons de se préparer

Par peurPar responsabilité
Part d’un scénario extrêmePart des risques réels, là où l’on vit
Achète beaucoup, viteFait une liste, complète petit à petit, vérifie
Garde ça pour soiImplique la famille, pense aux voisins
Suit l’actualité qui inquièteSuit les consignes officielles
Ne s’arrête jamaisSait quand c’est suffisant

Une préparation dictée par la peur accumule souvent, puis oublie ce qu’elle a accumulé. La responsabilité demande moins de matériel et plus de méthode : savoir à quoi on se prépare, vérifier ce qu’on a, apprendre les gestes, en parler.

Partir des risques réels

Inondation, tempête, feu de forêt, accident industriel, coupure de courant : les risques ne sont pas les mêmes partout. Le site Géorisques donne ceux qui concernent une adresse précise. La rubrique « Connaître les risques près de chez soi » affiche la carte et un descriptif des risques autour de chez vous, comme l’explique ce pas-à-pas de la DREAL Pays de la Loire.

C’est le point de départ. On se prépare d’abord à ce qui peut arriver chez soi, pas à ce qu’on a vu dans un film.

Se préparer avec les autres

Le guide officiel ne parle pas d’un individu seul face au monde. Il demande de repérer les proches qui pourraient avoir besoin d’aide, de convenir à l’avance d’un moyen de rester en contact, et d’envoyer des messages plutôt que d’appeler pour ne pas saturer les réseaux. Il rappelle aussi qu’en cas d’alerte, on ne va pas chercher ses enfants à l’école : les établissements ont leur propre plan de mise en sûreté.

En pratique, un moment en famille suffit pour commencer : à quels risques est-on exposés ici, où est le kit, qui appelle qui, où se retrouve-t-on si on est séparés. Un voisin âgé ou isolé fait partie de cette liste.

S’engager

La préparation ne s’arrête pas à la porte de chez soi. Le guide « Tous responsables » présente plusieurs façons de s’engager :

  • se former aux premiers secours auprès d’une association agréée de sécurité civile, comme la Croix-Rouge ou la Protection civile ;
  • devenir sapeur-pompier volontaire, en contactant le service départemental d’incendie et de secours ;
  • rejoindre une réserve, opérationnelle ou sanitaire ;
  • trouver une mission de bénévolat sur jeveuxaider.gouv.fr ;
  • participer à la Journée nationale de la résilience, chaque 13 octobre.

Garder la mesure

Une préparation raisonnable a une fin. Une fois le kit des 72 heures en place, la trousse à jour, les numéros notés et la famille au courant, il reste surtout à entretenir : vérifier les dates, remplacer ce qui a servi, refaire le point une fois par an.

L’information compte autant que le matériel. Le guide officiel consacre une partie à la désinformation. En cas de crise, les consignes viennent des autorités, à la radio et par les alertes officielles, pas des rumeurs qui circulent sur les réseaux.

Les erreurs courantes

  • Se préparer à un scénario spectaculaire et oublier la coupure de courant ou l’inondation.
  • Acheter beaucoup d’un coup, sans liste ni vérification.
  • Tout garder pour soi, sans en parler à la maison.
  • Faire peur aux enfants au lieu de leur expliquer simplement.
  • Suivre en boucle l’actualité qui inquiète.
  • Ne jamais s’arrêter, et transformer la préparation en angoisse.

Limites et précautions

Ce texte décrit une façon de voir la préparation, appuyée sur les recommandations officielles. Il ne remplace pas les consignes données par les autorités pendant un événement, qui passent toujours en premier. Si l’inquiétude devient envahissante et pèse sur le sommeil ou le quotidien, en parler à un proche ou à son médecin est une vraie façon de prendre soin de soi.

Pour passer à la pratique : Coupure de courant : tenir 72 heures à la maison, La trousse de secours de la maison et de la voiture et Talkies PMR446. Et deux entrées du journal : Le pourquoi et Prêt pour les miens.

Sources

Sources consultées le 31 octobre 2026.

Pour aller plus loin