Le Beretta M9A3, je l'ai eu en main, je l'ai tiré, je l'ai démonté sur la table. C'est une bonne arme. Je ne m'en servirai pas.
Le 92 a équipé l'armée américaine pendant plus de trente ans. Chez nous, l'armée a porté sa version française, le PAMAS, avant de passer au Glock 17, que j'ai démonté ici dans Quatre pièces. Le M9A3 en est la dernière version : canon fileté, rail sous la carcasse, plaquettes fines.

Démonté, il ne cache pas grand-chose. Un levier, la culasse part vers l'avant, le canon sort. La culasse ouverte sur le dessus, c'est sa signature, et une bonne part de sa réputation de fiabilité.

Sous le canon, le bloc de verrouillage. Sur les vieux 92 qui ont beaucoup tiré, c'est la pièce qui finit par casser. Beretta l'a revue. Je l'ai regardée quand même.
Mon problème est ailleurs. Le premier coup part en double action, long et lourd. Le deuxième en simple action, court et léger. Deux départs dans la même série, et un levier sur la culasse pour désarmer le chien. Ça se travaille. Mais il faut le travailler, et le carton ne pardonne pas l'oubli.
Tout mon tir à sec se fait sur Glock, avec le même départ à chaque coup. C'est là que le geste se construit, je l'ai écrit dans Sans une cartouche. Entretenir un second geste pour une arme que je ne porterai pas, ça n'a pas de sens.
Il est reparti dans sa caisse.


